A la ménopause, tout se ligue pour perturber votre libido ! A la fatigue, aux insomnies, aux bouffées de chaleur, à la prise de poids, à la dépression, et d’autres symptômes encore, se rajoutent la sécheresse vaginale, et le sentiment de ne plus être désirable ! Pour couronner le tout, vous avez peur que Monsieur prenne la poudre d’escampette, pour aller rejoindre une fille qui ne connaît pas encore ce genre de problèmes hormonaux ! Pas de panique, plusieurs solutions existent pour retrouver désir et plaisir, et pour que Monsieur n’aille pas sonner chez la voisine !

La Sécheresse vaginale

Il n’y a pas vraiment d’âge pour souffrir de sécheresse vaginale. En effet, certains facteurs communs à toute femme peuvent la provoquer. Nous pouvons citer par exemple le stress ou encore la fatigue, ou tout simplement les hormones.

Cependant, à la ménopause, le problème à tendance à se généraliser. On constate qu’une femme ménopausée sur 3 se plaindra, à un moment ou à un autre, de sa ménopause de sécheresse vaginale.

Comment l’expliquer ?

Tout se passe au niveau de la muqueuse vaginale. Cette muqueuse se « nourrit » d’hormones ovarienne. Ainsi, son hydratation et sa lubrification sont sous cette dépendance aux hormones. Il en résulte une variation d’hydratation au cours de la vie d’une femme.

La muqueuse est composée de 16 à 20 couches, lesquelles cessent de se régénérer avec l’âge, jusqu’à finalement se limiter seulement à quelques-unes.

Le vagin, quant à lui, est protégé de toute infection microbienne par une certaine acidité naturelle qui s’entretient chaque jour par le bacille de Döderlein. Ce dernier transforme les sucres des cellules superficielles de la muqueuse en acide lactique.

En prenant de l’âge, et donc en entrant en phase de ménopause, lorsque les couches de la muqueuse ne se renouvellent plus, cette acidité jusque-là protectrice a tendance à disparaître. C’est ainsi que la muqueuse, alors fragilisée, peut s’irriter au moindre frottement.

Mais concrètement, qu’est ce qui entraîne cette sécheresse ?

A la ménopause, le taux en œstrogènes diminue et le vieillissement des tissus ont pour conséquence un vagin plus sec et des parois plus minces. Il est alors bien moins lubrifié lors des stimulations sexuelles. Le vagin peut alors vite devenir comme « rêche », et les rapports intimes peuvent quant à eux devenir douloureux.

Mais pas de panique, cette situation n’est souvent que transitoire, le corps ayant bien souvent des capacités d’adaptation bien supérieures à ce que l’on pense. En effet, en cette période de ménopause, l’organisme continue toujours de sécréter des œstrogènes, même si c’est en moindre quantité.

Quelles sont les solutions naturelles pour la traiter ?

Quelques petites astuces du quotidien à base d’éléments de micronutrition peuvent agir de manière simple et efficace.

Tout d’abord, l’huile d’onagre ! S’il y a bien un élément pour lequel vous devez vous supplémenter, c’est bien celui-ci. Elle aura pour but de vous procurer une meilleure hydratation et un confort quotidien.

L’huile d’onagre pourra s’utiliser de 2 manières :

  • En voie orale : prenez 4 capsules par jour dosées à 500mg, pendant 3 mois.
  • En voie locale : appliquez le contenu d’une capsule d’onagre dosée à 500mg, sur la muqueuse du vagin, chaque soir pendant 12 jours. Puis 1 soir sur 2 pendant 20 jours, pour finir à 2 fois par semaine, et ce jusqu’à amélioration.

Privilégiez une huile bio, de première pression à froid.

Ensuite pensez à la vitamine E naturelle. A raison de 1 capsule de 400 UI, pendant 3 mois, ce que soit en voie interne ou en voie locale, elle luttera avec succès contre la sécheresse des muqueuses en général.

Plus portée vers l’aspect visuel de la peau, la vitamine C, à raison de 500mg par jour, contribuera à la formation du collagène, améliorant ainsi l’élasticité de la peau et donc des tissus en général.

Enfin, pour rééquilibrer le désordre nerveux que peut provoquer cette sécheresse, 300 à 400mg de magnésium quotidien ne seront pas de trop.

Bien évidemment, les huiles essentielles ont leur place pour traiter la sécheresse vaginale.

La manière la plus simple et efficace est d’appliquer une goutte d’huile essentielle de sauge sclarée mélangée à un peu d’huile végétale de noisette, au niveau du bas ventre, en massage, 2 à 3 fois par jour et ce pendant une dizaine de jours.

Vous pouvez aussi fabriquer ou faire faire un gel vaginal anti-sécheresse, à base d’huile essentielle de sauge sclarée, de cyprès de Provence et de géranium rosat (0,5ml de chaque). Auquel vous ajoutez 1 capsule de vitamine E, le tout mélangé avec un gel vaginal aux isoflavones de soja (40ml environ). A raison d’une noisette matin et soir de ce gel, au niveau des petites et grandes lèvres, mais aussi de la muqueuse intérieure, vous retrouverez peu à peu une hydratation normale.

Comment la prévenir ?

Et si la principale prévention se trouvait dans les bras de votre conjoint ? Quoi de mieux que d’avoir des relations sexuelles épanouies… pour le moral, pour la libido, pour la vie de couple, et tout simplement pour se sentir femme !?

En effet, la première des préventions est d’avoir une vie sexuelle active. Il faut juste l’adapter en conséquence. Pour avoir du plaisir, il faut générer ce plaisir ! Alors, à vous les préliminaires, faites-les durer, faites-les en douceur, afin de préparer votre muqueuse vaginale et lui laisser le temps de se lubrifier. Partez avec votre conjoint à la recherche de nouvelles zones érogènes. Dites-vous que chaque orgasme est utile afin de nourrir la muqueuse, déclenchant ainsi un flux sanguin au niveau des organes génitaux.

D’une manière plus générale, les rapports sexuels sont bons pour la santé de tout un chacun. Et encore plus pour la vôtre ! Le côté plaisir n’est plus à démontrer. De plus, les rapports sexuels accélèrent la circulation sanguine et augmentent l’alimentation en oxygène de chaque cellule.

Sachez qu’il est aussi possible de pratiquer des exercices qui auront pour but à la fois de resserrer mais aussi de détendre les organes du pelvis et du rectum, renforçant ainsi le plancher pelvien et réduisant les risques d’incontinence urinaire.

Cela tonifie la sphère vaginale et augmente la vascularisation, nourrissant ainsi nos tissus.

Tout cela dans un unique but d’améliorer les rapports sexuels.

Ces exercices, regroupés sous le nom d’exercices de Kegel, pourront facilement être fait chez vous.

>> En résumé, l’abstinence est le meilleur moyen de déclencher une atrophie vaginale ! Donc ne vous privez pas de plaisir !

Conseils pratiques

Comme tout, la sécheresse vaginale peut-être prévenue par l’alimentation :

  • Qui dit sécheresse, dit forcément manque d’hydratation. Il est donc logique de vous conseiller en priorité de surveiller vos apports journaliers en eau. Buvez minimum 1,5L d’eau par jour. Nos activités quotidiennes nous enferment souvent dans des lieux bien trop secs (voiture, bureau, maison) et souvent surchauffés.
  • Nous l’avons vu, la vitamine E permet de lutter contre la sécheresse des muqueuses. Elle est notre « lubrifiant corporel », alors veillez à en rajouter dans votre alimentation : avocat, noix, céréales complètes, céréales germées, huile de germe de blé, etc…

Si vous souhaitez, en appliquer localement, rien de plus simple que d’introduire une capsule de vitamine E dans le vagin le soir avant de vous coucher.

  • N’oubliez pas les sources alimentaires en phyto-oestrogènes, comme le soja, le tofu, le miso, ou les graines germées. (cf liste en séance 1)
  • Les graines de lin sont riches en oméga 3, en oméga 6 et en lignanes. Un cocktail complet pour apporter hydratation et phyto-oestrogènes. N’hésitez donc pas à en apporter dans vos salades ou à en grignoter de temps en temps.

La perte de libido

S’il y a bien un élément qui peut « tuer » un couple, c’est bien l’absence de rapports sexuels. Le sexe est bien plus important dans un couple qu’on ne veut bien se l’avouer. Mais ce n’est pas toujours évident quand les rapports sont douloureux, ou que nos hormones nous jouent des tours, quitte à provoquer une diminution voire une absence totale d’envie.

Pas de panique, les plantes et les huiles essentielles seront vos meilleures alliées.

En aromathérapie

La solution simple et efficace consiste à appliquer 3 gouttes d’huile essentielle de rose de Damas, au niveau du plexus solaire ou de la face interne des poignets, et de respirer profondément, 2 à 3 fois par jour.

Je précise que cette huile essentielle est relativement chère (comptez une quarantaine d’euros pour un flacon de 2ml).

Si vous avez un diffuseur, pensez à diffuser des huiles essentielles aux vertus aphrodisiaques, comme l’ylang-ylang, le patchouli, ou le santal jaune. Quelques gouttes dans la chambre, pendant une vingtaine de minutes avant le coucher, suffiront pour éveiller vos sens.

Vous pouvez aussi prendre un bain « libido », dans lequel vous mélangerez dans une base pour bain, 2 gouttes de menthe poivrée, 5 gouttes de gingembre et 7 gouttes de sauge sclarée.

Et quoi de mieux que de se masser l’un l’autre pour stimuler l’harmonie du couple, et ainsi augmenter une libido mutuelle par un massage câlin.

Pour cela, mélangez de l’huile essentielle de bois de santal, de l’épinette noire, du romarin à verbénone, et de l’ylang-ylang, à raison de 1ml de chaque, dans 30ml d’huile végétale (macadamia si vous avez, ou une autre huile indiquée pour le massage). Insistez bien sur les zones du ventre, du bas du dos, du plexus et de la poitrine.

En phytothérapie

Si vous êtes coutumière des tisanes avant d’aller dormir, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable.

Une infusion à base de gingembre, d’angélique, de sauge officinale et de menthe, sera sans doute génératrice d’une nuit câline.

Vous pouvez aussi boire une boisson « désir », à base d’EPS, que vous prendrez 2 fois par jour, à raison d’une cuillère à café diluée dans un verre d’eau pendant une vingtaine de jours.

Pour cela, mélangez de l’EPS de mucuna, de tribulus, de houblon et de ginseng.

Si la baisse de libido est associée à la sécheresse vaginale, remplacez le houblon par de la sauge.

Attention, des précautions sont à prendre si vous souffrez d’hypertension, ou de dépression traitée ou d’antécédents de cancers hormono-dépendants (cf séance 10).

Conseils pratiques

  • Avoir envie et faire monter le désir, ça se prépare.

Quoi de mieux que de manger, en musique (et pas devant la télé), dans une pièce aérée, jolie, colorée (et pas au milieu de la vaisselle qui s’empile).

  • Ce qu’il y a dans l’assiette est tout aussi important. Pensez à décorer vos assiettes, à préparer de jolis plats, et à enrichir vos plats en aliments aphrodisiaques comme le chocolat, le gingembre, les asperges, l’avocat ou encore les huitres.

Pensez aussi aux épices, qui relèveront vos plats, et exciteront vos papilles gustatives.

Conclusion

Vous l’aurez compris, encore une fois la ménopause n’est pas une fin en soi. Alors oui, elle est souvent synonyme pour beaucoup d’entre vous de sécheresse vaginale et de baisse de libido, mais encore une fois des solutions existent. Et le positif dans tout ça, c’est que cela vous permettra sans doute d’enrichir votre couple, et de rendre votre vie sexuelle encore plus épanouie. Alors il n’y a plus qu’à ! Foncez !