La santé intestinale

Plan rapproché du bassin d'une jeune femme formant un coeur avec ses mains au niveau de son intestin
La santé intestinale joue un rôle primordial dans le maintien d’un système immunitaire performant. Et cela, pour plusieurs raisons :
  • L’absorption des nutriments (dont nous avons parlé dans les séances précédentes).
  • Les plaques de Peyer situées sur la paroi intestinale, participant à l’immunité.
  • La flore intestinale qui y participe grandement également.
Le tissu lymphoïde intestinal représente la plus grande masse lymphoïde de l’organisme (qui contient des lymphocytes, les cellules immunitaires). Il contient plus de lymphocytes que tous les organes lymphoïdes secondaires (à savoir : rate, ganglions, muqueuse uro-génitale, muqueuse de l’arbre bronchique). Il produit environ 70 à 85% des cellules immunitaires (mais également 95% de la sérotonine, une hormone du bien-être, importante pour l’équilibre psycho-émotionnel). Notons également que les intestins contiennent environ 100 millions de neurones (je vous conseille de regarder le documentaire « Le ventre, notre deuxième cerveau »).

Importance de la muqueuse ou paroi intestinale

Les intestins participent à la digestion des aliments que nous ingérons. La deuxième partie de l’intestin grêle est le lieu d’assimilation des nutriments. Ainsi, l’intégrité de la paroi, ou muqueuse intestinale, est indispensable pour une bonne absorption des vitamines, minéraux, et autres nutriments, importants dans le maintien de votre santé. Vous pouvez avoir une alimentation parfaite, si vos intestins n’absorbent pas correctement les nutriments issus de cette alimentation, vous ne serez pas en bonne santé. La surface totale de nos intestins représente environ 50m2, c’est dire son importance dans l’organisme et sa santé globale. La muqueuse intestinale, quant à elle, mesure à peu près une trentaine de millièmes de millimètres (c’est-à-dire une seule couche extrêmement fine et fragile de cellules), dont la qualité dépend de plusieurs facteurs, en particulier l’alimentation. Par exemple, un excès de graisses saturées (alimentation industrielle, plats préparés, en sauce, viande rouge, charcuterie, produits laitiers, etc…) et un manque d’acides gras poly-insaturés (omégas-3), la rendent poreuse. Des agents pathogènes, grosses molécules, bactéries ou poisons, peuvent alors traverser la paroi intestinale et passer dans la circulation sanguine et lymphatique, créant ainsi progressivement une intoxication de l’organisme, et potentiellement diverses maladies auto-immunes. La porosité peut également être créée par un mauvais transit intestinal. Lorsque les selles ne sont pas évacuées quotidiennement, les déchets intestinaux sont réabsorbés par la muqueuse intestinale, la rendant progressivement sensible, irritable et poreuse. Qu’est-ce qu’un transit intestinal normal ?
  • Fréquence idéale : 2 fois/jour.
  • Les selles ne salissent pas l’anus.
  • Elles sont bien moulées, et ne flottent pas.
  • Elles sont sans odeur.
  • Et de couleur brun foncé.
De plus, la qualité de la muqueuse intestinale fait partie intégrante du système immunitaire via les plaques de Peyer qui participent à la réponse immunitaire de l’intestin. Ces plaques représentent un amoncellement de follicules lymphoïdes primaires et secondaires situées sur la paroi intestinale. Elles sont encore plus importantes vers le gros intestin, ou côlon (dernière partie des intestins). Posez-vous dès maintenant cette question : ai-je un bon transit intestinal, et quelle est la qualité de mon alimentation ?

Importance de la flore intestinale

Nos intestins sont peuplés de micro-organismes qui constituent la première barrière immunologique de l’organisme (avec les plaques de Peyer). Dès la naissance, l’intestin du nouveau-né contient environ 100000 milliards de bactéries, faisant partie intégrante du système immunitaire. C’est pourquoi sa qualité est primordiale. Ce microbiote, ou flore intestinale, est composé de bactéries saprophytes qui vivent normalement dans nos intestins sans provoquer de maladies. Elle peut être perturbée par certains médicaments (comme des antibiotiques ou des corticoïdes, entre autres) qui éliminent ou diminuent les agents de défense intestinaux. Cette flore perturbée favorise ensuite l’apparition de maladies virales ou bactériennes. Le déséquilibre de la flore intestinale serait à l’origine du développement de la plupart des maladies inflammatoires chroniques. Lors d’une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal, certaines bactéries peuvent se développer exagérément et prendre le dessus sur les autres bactéries, notamment le candida albicans. Celui-ci engendre alors une candidose, provoquant de nombreux troubles de santé, et notamment une perturbation du système immunitaire. Différents facteurs influencent la qualité de cette flore intestinale. L’alimentation au premier rang, mais pas seulement : stress, activité physique ou sédentarité, pollution, tabac, l’environnement avec tout ce que cela implique (climat, conditions sanitaires, saisons, pollution, etc…), âge, sexe, hérédité, etc… Les bactéries intestinales participent également à l’assimilation des nutriments. Mais elles participent également au maintien de l’intégrité de la muqueuse intestinale. Vous reconnaissez-vous dans la description ci-dessus ? Avez-vous ou prenez-vous régulièrement des médicaments, antibiotiques ou autres ? Fumez-vous, ou êtes-vous stressé(e) ? Si tel est le cas, le régime alimentaire proposé ci-dessous pourrait vous aider afin de retrouver une santé intestinale, et par conséquent un système immunitaire, optimaux.

L’alimentation hypotoxique, le régime alimentaire idéal pour la santé intestinale

L’alimentation hypotoxique est basée sur les travaux du Dr Seignalet. Elle a été reprise et enrichie dernièrement par les recherches de Jacqueline Lagacé, notamment dans son ouvrage « Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation ». Cette alimentation est une hygiène de vie alimentaire permettant de garder ou de retrouver la santé, notamment en préservant la santé intestinale (muqueuse et flore intestinales). Si vous souffrez de troubles intestinaux importants ou anciens, il sera certainement nécessaire d’adopter cette hygiène alimentaire durant plusieurs mois, et idéalement à vie, afin de bénéficier d’une amélioration stable et conséquente. Voici les grands principes de ce régime alimentaire.

Élimination du gluten

Le gluten (ou plus précisément le peptide alpha gliadine, que les enzymes digestives humaines sont incapables de digérer parfaitement) causerait la porosité intestinale, c’est-à-dire une hyper perméabilité de la muqueuse, et par conséquent une inflammation chronique. Les aliments à éviter sont : tous ceux contenant du blé, du seigle, du kamut, de l’orge, de l’avoine, de l’épeautre, ainsi que la bière qui contient des protéines issues de l’orge. Attention également au maïs dont les protéines pourraient provoquer des allergies, mais aussi car il est maintenant fréquemment cultivé en tant qu’OGM. Les céréales pouvant être consommées sont : le riz brun et blanc, le sarrasin, le sésame, le quinoa, le tapioca.

Élimination des produits laitiers

Les caséines du lait animal (particulièrement le lait de vache) ont une parenté génétique avec l’alpha gliadine du gluten, et sont donc également incomplètement digérées par nos enzymes humaines. Les aliments à éviter sont : tous les laits provenant de sources animales et leurs dérivés (beurre, crème, fromages, yaourt, crèmes glacées, …). La seule exception pouvant être consommée est le beurre clarifié ou ghee, car il ne contient plus de protéines de lait.

Cuisson douce à moins de 100°C

La cuisson à la vapeur douce permet de préserver autant que possible les vitamines, minéraux, antioxydants et autres nutriments. Il est recommandé de consommer au moins 20% de légumes crus, pour une assimilation optimale des nutriments, mais également pour préserver les enzymes digestives. Commencez vos repas avec un petit bol de crudités. De plus, la cuisson à haute température des céréales contenant du gluten et de certains aliments tels que les frites, certains cafés torréfiés, les amandes grillées, ou encore les collations à base de maïs, provoque la production d’une glycotoxine appelée acrylamide (toxique pour le cerveau et les autres tissus se renouvelant lentement).

Consommation de légumes et fruits frais, de saison, biologiques

Ceci, afin de préserver l’équilibre de la flore intestinale, d’avoir un apport suffisant en enzymes digestives, en vitamines, minéraux, oligo-éléments et anti-oxydants. Privilégiez également les produits locaux (pour éviter leur perte en nutriments). Les fibres contenues dans les fruits et légumes sont des prébiotiques, c’est-à-dire des éléments qui viennent nourrir la flore intestinale.

Un apport suffisant en oméga-3 ou acides gras poly-insaturés

Ceux-ci doivent être apportés par l’alimentation car notre corps ne sait pas les fabriquer. Ils permettent notamment de réguler la sérotonine (hormone du bien-être) et de soulager les maladies inflammatoires chroniques. Ils sont présents dans : les poissons gras (sardine, maquereau, anchois, saumon, …), les huiles de poisson, les oléagineux et graines oléagineuses (amandes, arachides, noix de macadamia, graines de lin, de sésame, …) et les huiles végétales (colza, lin, noix, carthame, sésame, …) qui sont à consommer crues et biologiques, de première pression à froid et vierges.

Diminuer la consommation de viande rouge

Il est préférable de consommer des poissons et de la viande blanche. La viande rouge est riche en acides gras saturés et sa cuisson provoque la production de glycotoxines (provoquant à terme les phénomènes inflammatoires).

Supprimer l’alimentation industrielle, les additifs, colorants, conservateurs, pesticides

Préférez les aliments naturels et biologiques.

Consommer du sel et du sucre complets plutôt que raffinés

Les sels et sucres blancs, donc raffinés, ont perdu tous leurs nutriments et sont acidifiants (prochaine séance sur l’équilibre acido-basique). Préférez par exemple le sel rose de l’Himalaya (riche en minéraux) ou le gros sel gris de mer brut. Concernant le sucre, consommez-en avec modération. Préférez le miel, le sirop d’érable, le Rapadura, ou encore le sucre de coco. Le sucre favorise le développement du candida albicans, donc la candidose (déséquilibre de la flore intestinale).

Supplémentation en vitamine D

Enfin, outre la consommation d’aliments riches en vitamine D (voir la séance précédente) et l’exposition au soleil, il serait utile de se supplémenter en vitamine D pour préserver la santé intestinale, mais aussi la santé globale.

Autres conseils pour le maintien d’une flore intestinale équilibrée et l’intégrité de la muqueuse intestinale

  • Prenez le temps de mastiquer soigneusement et de manger dans une ambiance calme et sereine.
  • Pour la flore intestinale : évitez les sucres à index glycémique élevé afin de ne pas favoriser le développement du candida albicans. Autrement dit, évitez les sucres raffinés et industriels, tels que confiseries, pâtisseries, chocolat, biscuits apéritifs, frites, mais également les céréales raffinées (blanches) comme les pâtes et le riz blanc. Privilégiez les céréales complètes (et biologiques).
  • Lors d’un déséquilibre de la flore intestinale (ballonnements, gaz, …), évitez les aliments fermentés (choucroute, légumes lacto-fermentés, fromages, …).
  • En prenant conseil auprès d’un spécialiste de santé, il est possible de prendre des probiotiques afin de rééquilibrer la flore. Ce sont des micro-organismes vivants (bactéries et levures) venant se surajouter au microbiote intestinal naturel.
  • Le pollen frais (au rayon surgelé en magasin bio) permet également de réensemencer la flore intestinale. 1 cuillère à soupe par jour. Attention si vous êtes allergique aux produits de la ruche ou aux pollens.
  • La gemmothérapie de noyer renforce aussi la flore intestinale : macérât mère, 5 gouttes (pures sous la langue, ou diluées dans de l’eau) 3 fois par jour, durant 3 semaines, arrêt 1 semaine, reprise, le tout pendant 3 mois.
  • Enfin, nous verrons l’importance de l’équilibre acido-basique et l’équilibre psycho-émotionnel lors de prochaines séances.
Ainsi, si vous soupçonnez un déséquilibre de votre flore intestinale et/ou une perméabilité de votre paroi intestinale, que vous ressentez différents troubles intestinaux, il peut être judicieux de tester l’alimentation hypotoxique à travers ces quelques conseils ci-dessus. Vous agirez ainsi de façon positive sur votre système immunitaire et votre bien-être !

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